
Dès l’enfance, j’ai été sensible aux variations de rythme et au juste timing. J’observais les mouvements de la nature, les silences entre deux élans, les pauses invisibles entre deux respirations. Bien avant de poser des mots dessus, je ressentais cette pulsation subtile qui relie l’intérieur à l’extérieur, cette alternance naturelle entre le faire et l’être. Pourtant, en grandissant, j’ai parfois dû me conformer à des rythmes imposés, déconnectés de mes besoins profonds. Jusqu’à ce que je choisisse de réconcilier ma vie professionnelle avec mon tempo personnel. Aujourd’hui, je vous partage comment j’harmonise mon activité de thérapeute et d’entrepreneure avec mes cycles féminins, et comment cela transforme ma manière de créer, d’accompagner, de vivre.
1. Comprendre nos cycles : une richesse souvent méconnue
Dans nos sociétés modernes, le modèle dominant reste linéaire : performance constante, disponibilité permanente, production régulière. Or, la physiologie féminine, elle, est cyclique. Comprendre et honorer nos cycles permet de sortir de la culpabilité et du surmenage pour retrouver une boussole interne précieuse.
Le premier cycle auquel on pense est le cycle menstruel, qui comporte quatre phases principales :
- Menstruation (hiver intérieur) : baisse d’énergie, besoin de repli, introspection.
- Phase folliculaire (printemps) : regain d’élan, ouverture, idées nouvelles.
- Ovulation (été) : pic d’énergie, communication fluide, sociabilité.
- Phase lutéale (automne) : concentration, besoin d’élaguer, hypersensibilité.
Ce cycle peut être observé aussi chez les femmes en périménopause, même sans règles, en se reliant aux phases lunaires :
- Nouvelle lune = menstruation
- Lune croissante = phase folliculaire
- Pleine lune = ovulation
- Lune décroissante = phase lutéale
On peut également identifier notre rythme énergétique personnel, qui ne suit pas toujours les cycles biologiques mais révèle nos alternances d’enthousiasme, de fatigue, de sociabilité, de créativité. Reconnaître et accueillir ces fluctuations permet de s’ajuster avec plus de bienveillance.
2. Cartographier ses rythmes : observer pour mieux s’harmoniser
Pour m’harmoniser avec mes cycles, j’ai commencé par les observer. Chaque jour, je notais dans un carnet ce que je ressentais physiquement, émotionnellement, mentalement. À quel moment me sentais-je concentrée ? Inspirée ? Fatiguée ? Irritée ? Enthousiaste ? Petit à petit, un motif s’est dessiné.
J’ai créé ma propre carte intérieure, une sorte de météo cyclique personnelle. J’y ai intégré les cycles lunaires, mes règles, mes envies de sociabilité ou de solitude, ma charge mentale, mes pics de créativité.
Quelques outils utiles :
- La roue du cycle menstruel : un outil circulaire où l’on note jour après jour ses ressentis.
- Un bullet journal cyclique, tel que « Ma trousse à outils personnalisée d’exploratrice du Temps » : pour relier tâches, émotions, énergie.
- Des applications de suivi de cycle, telle que « Flo« , à utiliser comme support (mais pas comme seul guide).
En me regardant vivre avec curiosité, sans jugement, j’ai appris à repérer mes tendances : les jours où je doute, ceux où je crée sans effort, ceux où je deviens stratège. Cela m’a permis de sortir du pilotage automatique pour devenir co-créatrice de mon quotidien.
3. Adapter son activité pro à son cycle : un changement doux mais puissant
Ce que j’ai découvert en premier lieu, c’est qu’il ne s’agit pas de tout révolutionner, mais de glisser quelques ajustements au fil des jours. Voici comment je module mes activités selon les phases :
- Menstruation / nouvelle lune : Je ralentis. Je me consacre à l’écoute, au repos, à la rêverie. J’annule les rendez-vous complexes quand c’est possible. Je planifie des journées plus fluides.
- Phase folliculaire / lune croissante : J’initie. J’ai souvent plein d’idées. J’en profite pour brainstormer, débuter de nouveaux projets, poser des intentions.
- Ovulation / pleine lune : Je communique. Je donne mes rendez-vous les plus intenses à ce moment. J’anime, je partage, je vends. Mon énergie est rayonnante.
- Phase lutéale / lune décroissante : Je finalise. Je trie, je réorganise, je clarifie. Je prépare le terrain pour la prochaine boucle.
Je me suis fait un tableau de répartition des tâches (consultations, création de contenu, administratif, projets, réseaux sociaux) aligné avec mes phases. Bien sûr, il y a des imprévus, mais le simple fait d’avoir une intention cyclique change la donne.
J’ai constaté :
- Moins de fatigue chronique
- Plus de plaisir dans mes journées
- Une meilleure qualité de présence avec les patient·e·s
4. Quand la réalité résiste : ajustements créatifs et auto-bienveillance
Évidemment, tout n’est pas toujours parfait. Il m’arrive d’avoir un atelier à animer en pleine phase prémenstruelle, ou un coup de mou le jour d’une conférence. Dans ces moments, j’active mes ressources.
Je prévois des micro-rituels d’ajustement :
- M’ancrer avec une respiration profonde
- M’offrir une pause parfumée avec une huile essentielle (le géranium rosat, l’orange douce ou la lavande sont mes alliées)
- Tirer une carte pour recevoir un message de soutien
- M’accorder un temps de rien après une grosse énergie donnée
Je m’entraîne à dire non, à reporter, à revoir mes prioritsés si besoin. Ce n’est pas de la faiblesse, c’est de l’écoute. Une posture de soin envers moi-même.
S’il y a bien une chose que j’ai apprise, c’est que la cohérence n’est pas une ligne droite, mais une danse.
5. Vers un nouveau leadership féminin : cyclique, vivant, enchanté
Honorer mes cycles m’a permis de redéfinir mon rapport à la puissance. Plus besoin de tout faire, tout le temps, de la même manière. Mon efficacité est devenue plus organique, intuitive, joyeuse.
En tant que femme, soignante, accompagnante, j’ai réalisé que je pouvais être leader autrement : en me laissant guider par la vie, par mes sensations, par la lune. Ce modèle que je croyais marginal, je le vois fleurir chez d’autres femmes aussi. Nous sommes nombreuses à réclamer un tempo plus doux, plus sensé, plus incarné.
Ça n’empêche pas l’ambition. Au contraire. Mais ça change sa forme : moins verticale, plus circulaire. Moins à prouver, plus à vivre.
Conclusion
Et si le véritable luxe était d’adapter notre activité à nos saisons intérieures, plutôt que de se forcer à suivre un tempo imposé ?
Je vous invite, cette semaine, à observer vos fluctuations : notez chaque jour un mot-clé sur votre énergie, votre humeur, votre envie de faire. Essayez d’en tirer un premier fil.
Prenez soin de votre tempo. Il est unique, précieux, et porteur de votre magie.
Diane
Enchanteresse en Santé
Ostéopathe D.O et Praticienne en aroma-olfactothérapie
Coach de vie pro & perso
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